mercredi 21 mai 2008

Une heure, une vie; Jeanne Benameur

Bon, je n'ai toujours pas lu "Les demeurées" :(
et ce titre n'est pas encore dans ma PAL, mais je suis tombée au hasard des rayons sur ce petit roman là, dans une collection de livres pour adolescents, et je l'ai trouvé bien écrit.
Il traite d'un sujet très présent dans la littérature pour la jeunesse, à savoir, la séparation ou le divorce des parents.
Ici, pas de drame, pas de larmes, ni de colères, pas de vainqueurs ni de vaincus, d'abandonnés ou de trahis... Les parents se séparent dans le calme, le respect, la bonne humeur, à l'amiable, sans cris, ni haine, presque comme si de rien n'était... D'ailleurs, ils le répètent à leur fille, "rien ne changera pour toi"...
Et c'est le monde de l'adolescente qui vacille, elle semble seule à affronter ce tsunami qui dévaste sa vie sans que personne ne s'en rende compte. Alors, elle doute d'elle même, elle se perd... A qui dire cette peine immense que ce bouleversement suscite en elle, s'il n'y a vraiment pas lieu de paniquer, de pleurer, d'être triste...
L'enfant ne comprend plus rien. En plus, elle n'a rien vu venir, elle n'a jamais remarqué que ses parents ne s'entendaient plus. Elle se pose des questions sur l'amour, le couple, la vérité des sentiments, leur pérennité...
Elle est folle de rage mais se tait et ne pleure pas.
Jusqu'au jour où pendant le trajet en train qui l'amène chez son père, elle se met à raconter un drame qu'elle invente et qui lui font lâcher ses larmes devant ses voisins de compartiment médusés...
En descendant du train, elle se sent mieux. Alors, elle recommencera à chaque trajet et le lecteur rira des mélodrames qui sortent de sa bouche pleine de sanglots. Mais bientôt un jeune homme compréhensif l'abordera...
J'ai bien aimé ce roman court et facile à lire qui met en scène les douleurs d'une adolescente face à la séparation de ses parents. Le mensonge prend pied dans sa vie de manière très originale et semble lui sauver la mise pour passer un cap difficile.
Ce récit met bien en évidence que les souffrances doivent trouver un chemin pour se dire, et que ça leur est parfois fort difficile.
Les parents semblent tellement vouloir "bien divorcer" qu'ils n'ont pas prévu que ça pouvait être un évènement douloureux pour leur fille, et de ce fait, elle est perdue, seule face à sa peine, sans personne qui soit capable de la reconnaître et de l'entendre.
Les mots de l'auteur sont justes et nous glissons sans peine dans la tête de cette jeune fille égarée.
Deux critiques sur Ricochet,
Pascale Arguedas en parle sur Calou, l'ivre de lecture,
Bellesahi nous le conseille vivement,
Elfique a été touchée.

samedi 17 mai 2008

Pipelines; Etgar Keret

Je voulais lire "Un homme sans tête", ou "Crise d'asthme", mais j'ai trouvé sur la table d'un libraire "Pipelines", et je l'ai acheté.
Après tout, pourquoi ne pas commencer par le premier recueil de nouvelles de cet auteur parait-il atypique et trublion, qui remporte un énorme succès en Israël et qui est un touche à tout semblant exceller aussi dans la Bande Dessinée et le cinéma...
J'ai été surprise par l'accumulation des quelques 50 textes ultra-courts qui nous transportent dans des univers très différents les uns des autres avec force personnages attachants, perdus ou déjantés.
On découvre des histoires toujours en prise avec le réel et qui de manière souvent drolatique dévient comme si de rien n'était vers un fantastique surprenant toujours son lecteur . Nous nous sentons souvent un peu cois devant les chutes brutales et inattendues.
L'auteur a écrit ses premières nouvelles alors qu'il effectuait son service militaire et que son meilleur ami venait de se suicider.
Elles ont été un échappatoire à son quotidien intolérable.
Ces histoires courtes et ciselées nous réveillent en nous dérangeant. Elle semblent portées par une impulsion irrépressible dont on ressent la force dans la densité de ces courts récits ramassés sur eux-mêmes.
Le tragi-comique a trouvé une nouvelle forme pour se déployer avec humour, poésie, profondeur et un brin de férocité sous la plume de cet écrivain qui me rend curieuse et dont je ne vais pas tarder à lire d'autres titres.
Quelques pépites : "Houbeza"un magnifique petit conte sur le bonheur;
"Berceuse pour le temps", un texte somptueux sur le temps qui s'arrête en enfance à l'heure de la berceuse;
"Katzenstein"un texte drôle pour dire la souffrance d'un homme comparé depuis l'enfance aux performances d'un fameux Katzenstein, et qui fini en enfer, rongé par la jalousie à en devenir fou;
"Pipelines", une histoire de suicide à la mode fantastique, dont je vous cite un passage savoureux
: "Quand je l'ai vu assemblé, en train de m'attendre, j'ai pensé à mon professeur de sociologie qui avait dit un jour que le premier homme à utiliser une canne n'était ni le plus fort, ni le plus intelligent de la tribu, parce que ni l'un ni l'autre n'avait besoin de canne, mais simplement celui qui en avait le plus besoin pour survivre et surmonter sa faiblesse. Je crois que personne au monde ne souhaitait disparaître autant que moi, et c'est la raison pour laquelle c'est moi qui ai inventé le tuyau. Moi et non pas le génial ingénieur de polytechnique qui dirigeait l'usine."
Enfin, cerise sur le gâteau, je vous laisse découvrir cette excellente farce poétique sur l'amour conjugal :
"Une colle folle"
, à écouter absolument : lecture par Daniel Mesguich ici.

Une interview de l'auteur très intéressante sur evene.fr
Un grand entretien à ne pas manquer sur BibliObs.com
C'est un coup de cœur pour François sagan,
Une belle critique sur La croix.com

mercredi 14 mai 2008

Le canard, la mort et la tulipe; Wolf Erlbruch

J'aime beaucoup cet album.
Le canard droit comme un I, le cou étiré vers le ciel,que l'on découvre sur la couverture est superbe et donne envie d'ouvrir le livre.
Ensuite, nous découvrons l'image de la mort en petite bonne femme maigre et sans âge, habillée comme une petite fille ou comme une vieille dame,et elle nous saisit.
Elle nous titille, nous mettrait presque mal à l'aise, car nous ne savons pas à qui nous avons à faire, un peu comme le canard qui se rend compte de sa présence tout soudainement.
Nous voilà coincés nous aussi entre peur, surprise et séduction...
Elle a une tête étrange et en même temps tellement attendue ...
Une tête de mort pour figurer la mort, on pouvait s'y attendre... Mais la magie de l'illustration nous donne à voir un visage...
C'est un véritable tour de force que d'être arrivé à ce point à donner vie à une tête de mort... L'artifice paraît simple... Ce crane n'a pas de dentition, un trait dessine la bouche fermée, et cette fine ligne noire devient sourire de tendresse, rictus de dépit, stigmate de peur ou grimace de tristesse... Que d'émotions pour ce petit personnage tout en os censé effrayer et faire fuir!
Le canard découvre la mort et se rend compte tout à coup qu'elle l'accompagne... En engageant la conversation, il apprend qu'elle le suit depuis le jour de sa naissance, au cas où...Sur ce, ils vont faire un bout de chemin ensemble...
Cette belle histoire nous raconte comment la mort peut être la compagne bienveillante d'une vie, et qu'il fait bon l'apprivoiser et tenter d'apprendre à la connaître avant d'arriver à la fin qui nous attend inexorablement.
On n'apprendra rien de l'après, la mort elle même n'en dit rien, sa seule affaire est le passage : le moment venu, elle nous portera dans ses bras pour nous déposer doucement dans les eaux du fleuve Styx.
"La mort pouvait parfois lire dans les pensées.
-Lorsque tu seras mort, l'étang aura disparu lui aussi - en tout cas pour toi.

-En es-tu certaine ? interrogea le canard étonné.
-Oui, certaine, pour autant que l'on puisse le savoir, répondit la mort.
-C'est rassurant, reprit le canard.
Ainsi il ne me manquera pas quand...
-...quand tu seras mort, ajouta la mort.
Elle parlait si facilement du sujet.
-Redescendons, dit le canard après un moment.
Sur les arbres, il nous vient de drôles de pensées."
Une jolie chronique de croqu'livres sur ricochet,
Une belle critique de marilyne Camhi, sur evene.fr, et aussi de Dominique Cossin sur Sitartmag,
Le matricule des anges en parle aussi,
Des interviews de l'auteur, ici et ,
Olga en parle aussi.

lundi 12 mai 2008

Kurt et le poisson; Erlend Loe

Comme Gawou, je suis restée longtemps sans avoir lu ce Prix Tam-Tam 2006...
Mais bon, ça y est ! C'est chose faite, et je remercie chaudement Jean-François du Génépi et L'Argousier qui m'a vraiment décidée à ouvrir ce petit livre illustré de 90 pages.
J'ai adoré partir pour ce voyage autour du monde loufoque et extraordinaire avec Kurt, sa femme, ses trois enfants et son chariot élévateur.
Kurt a beaucoup de chance dans la vie, il adore conduire son Fenwick, et c'est ce qu'il fait toute la journée au boulot, sur le port...
Mais un jour, il plaque son travail pour amener sa famille en voyage autour du monde.
Et tout ça parce qu'un soir, en se promenant sur le port, il a découvert un énorme poisson...Son chef lui a proposé de l'emporter, et le voilà donc avec du poisson qui pourra nourrir sa famille pendant des mois...
"Quand Bud, Helena la maigrlette et Petit Kurt se réveillent le lendemain matin, les sacs à dos sont prêts, entassés sur le toit du Fenwick. Kurt les prévient qu'ils ont intérêt à se remuer le popotin car là, tout de suite, ils partent en voyage, dans un endroit très très loin. Et au petit déjeuner, pas de chichi : du poisson et du soda.
Et pof, les voilà partis.
Le poisson devant, puis le chariot élévateur transpalette avec les bagages, et toute la famille."
Et c'est parti pour un périple à travers New-York, le Brésil, l'Antarctique, l'Inde et la France, avant de retourner en Norvège,à la maison, quand le poisson est fini et qu'il faut reprendre le travail...
Nous trouvons humour, non-sens, burlesque et beaucoup de drôlerie dans ce texte facile à lire qui nous emporte pour une lecture en boucle joyeuse et délirante. En nous faisant rire, ce livre nous permet aussi de jeter un regard lucide et acide sur l'absurdité de notre monde. Il est bien plaisant de voir avec quelle facilité Kurt et sa famille s'en affranchissent, même si nous savons que ce n'est que pour un temps.
Un petit régal, à suivre...
Ce titre fait partie d'une trilogie, les deux titres suivants sont : "Méchant Kurt !", et "Kurt quo vadis ?", Jean François en parle bien, ainsi que Cuné, Kidélire,et Aline
Il va sans dire que je compte les lire, un de ces jours...
La chronique de Sophie Pilaire, sur Ricochet, nous invite à lire ce drôle de petit roman.
Laure est enchantée d'avoir découvert ce titre, et du coup, va s'intéresser de plus prêt aux écrits pour adultes de cet auteur.
"Kurt et le poisson, c'est une vision décalée du monde, une vision anticipatrice, un monde à soi que le lecteur découvre avec un étonnement sans cesse renouvelé. De nombreuses illustrations au trait noir et fin soulignent la naïveté et la candeur du ton de ce remarquable roman."Malika Person, Le Matricule des anges.

vendredi 9 mai 2008

Grâce et dénuement; Alice Ferney

Ce roman est l'histoire d'une rencontre.
Celle d'une bibliothécaire et d'une famille gitane installée sur un terrain de la commune.
J'ai lu ce livre parce que Magda et Amanda en ont parlé sur leur blog et m'en ont donné très envie.
C'est un magnifique sujet que celui d'une bibliothécaire qui va porter des livres là où il n'y en a pas, mue par un désir un peu mystérieux qui la fait entrer dans une communauté rétive et fermée sur elle même.
Par le biais des enfants, et des histoires qu'elle leur raconte, elle se fait accepter petit à petit et apprends à connaitre les hommes et les femmes qui vivent là, dans le dénuement, sans papiers, sans travail, sans argent, seulement avec l'espoir, l'amour, et les enfants.
Il n'y a pas de mièvrerie, ni de doux angélisme dans le quotidien rude et violent qui nous est raconté. Il y a le froid, la faim, la saleté, le désœuvrement, l'alcool et la violence, la pauvreté et l'analphabétisme. Il y a le rejet, l'exclusion, l'impossibilité de mettre les enfants à l'école, l'expulsion qui viendra, inexorablement, comme toujours, comme une condition, une fatalité.
Il y a aussi ce paradoxe brûlant de vies libres de toutes les chaînes et qui s'avèrent pourtant être des prisons claniques dont jamais personne semble ne pouvoir sortir.
Mais la rencontre fait son œuvre tout doucement...
Pas de miracle, pas de magie, juste un début de changement qui ouvre quelques brèches dans les têtes et les cœurs et permet l'espoir d'un mieux...
On est touchés par la fierté de parents qui auront un enfant qui saura lire et nager, même si c'est au prix de grandes souffrances à traverser. On admire le courage et la détermination d'un mère qui quitte son mari violent pour vivre ailleurs avec ses filles, loin du joug de la belle mère. On tente de cerner la mystérieuse figure centrale du groupe : cette "matriarche" qui tente coûte que coûte de sauver son monde voué à disparaître.
Il y a quelques beaux passages sur ce qu'il y a d'essentiel dans une vie, sur la liberté, la pauvreté, la fierté et ce qui nous fait homme.
Cette lecture ne laisse pas indifférent, on y entrevoit ce que peut être le dénuement et la grâce qu'il fait jaillir dans les moments d'émotions intenses qui remplissent une vie. On égrène avec plaisir autour du feu les seules richesses inaliénables qui peuvent nous être données au cours d'une existence.
Les moments de lecture collective sont des temps hors du temps, gobés par les enfants avec une avidité et un bonheur rare et captés avec finesse et sensibilité par l'écriture d'Alice Ferney.
Cette histoire raconte sans doute un peu de toutes les expériences "hors les murs" menées en France par des associations et des bibliothèques. Sans être un témoignage, ni un documentaire, c'est peut-être tout simplement un bel hommage rendu à ce travail souterrain qu'on ne voit pas mais qui fait beaucoup.
"Elle les installa, les petits à côté d'elle, les grands juste derrière. Et elle commença à raconter l'enfance de Babar. Elle lut comme jamais elle ne l'avait fait, même pour ses garçons : elle lut comme si cela pouvait tout changer."
... "Elle lu avec de la tendresse pour eux et de la foi dans les histoires. Et elle n'avait ni crainte ni question, est-ce-que c'était artificiel, utile, naïf, stupide, de venir ainsi, sans prévenir, sans demander, pour lire des histoires à des enfants. Un élan la portait." ...Elle lisait, et le reste attendait. Le monde était évanoui, et morte ainsi sa dureté, et le froid des jours d'automne oublié lui aussi."
..."Esther prenait son livre. Ils ne bougeaient plus et hormis quelques reniflements, le silence était total. Elle ignorait qui, de la chaleur ou de l'histoire, les apaisait d'un seul coup, sans qu'ils ne demandent rien. Ils ne sont pas difficiles, se disait-elle. Jamais ils ne réclamaient jamais ils n'avaient soif ou faim comme d'autres enfants qui ont sans arrêt besoin de quelque chose. Elle lisait dans ce calme. On entendait juste le ronflement d'air chaud. Les enfants avaient posé les mains sur leurs cuisses."
"Il y avait un secret au cœur des mots. Il suffisait de lire pour entendre et voir, et l'on n'avait que du papier entre les mains.Il y avait dans les mots des images et des bruits, la place de nos peurs et de quoi nourrir nos cœurs. Elle ne s'arrêtait plus de lire."
C'est un livre cerf-volant chez vanessa,
Papillon et Amanda en parlent, Naniella ,Anna , Leil, et Calouan aussi.
Une belle critique d'Indgrid Merckx, sur Lire : fr,
Pascale Arguedas a aimé, sur Calou, L'Ivre de lecture.
Magda est admirative, et c'est son post qui m'a vraiment décidée à le lire,
De nombreuses critiques éclairs sur critiques Libres, dont une de Cuné,
Un très joli post également de Sybelès, sur 49 Hors Les Murs,
Enfin, sur itinerrance, une belle phrase pour caractériser ce roman : "un hymne à la vie, crue, dépouillée, celle qu’il nous reste lorsqu’on n’a plus rien d’autre…"
Alice Ferney parle de son travail d'écrivain sur auteurs TV, un régal!

jeudi 8 mai 2008

Ours est amoureux; Annemarie van Haeringen

Mais qu'est ce qui rend si léger ce gros ours patapouf ?
L'amour, bien sûr!
L'amour pour un papillon tout fin tout léger et qui ne comprend rien...
Ce petit album nous montre la naissance d'un couple improbable que tout parait séparer.
Gros ours est amoureux,et ça lui donne des ailes, de l'imagination, du courage, de la persévérance...
Mais tous ses efforts et ses trésors de signes amoureux ne fonctionnent pas, et papillon reste sourd à ses déclarations si peu déguisées...
Alors ours connaîtra la rage, le désespoir et la colère...Finalement, c'est en exprimant ces derniers sentiments qu'il arrivera à retenir l'attention de papillon...
J'ai tout de suite été séduite par la finesse et la légèreté des aquarelles, justes relevées par des traits d'encre noire. L'ours est aussi léger et gracile que le papillon, malgré sa masse ronde et noire. Les ailes bleues de l'insecte rivalisent d'élégance et de transparence avec les multiples pétales roses et rouges des coquelicots.
Le sentiment amoureux est raconté avec humour, fantaisie et sagesse, le tout faisant une très jolie histoire attachante. Cet ours m'a fait craquer !
Balsamique théâtre en a fait un spectacle de marionnettes,
Des enfants de CP parlent de ce livre et de leur lecture sur Radio déclic,
Ricochet en parle ici.

mardi 6 mai 2008

Dans le ventre des dames, des fois, il ...; Malika Doray

On peut ouvrir ce livre de ce côté là :
ou le retourner, et l'ouvrir de ce côté ci.Ce n'est pas tout à fait la même chose qui nous est racontée, mais à chaque fois, c'est une histoire vraie, magique et douce, qui répond à deux grandes questions.
En exergue de ce petit album carré tout en rondeur,on trouve une dédicace : " A ma mère qui nous racontait le secret des dames"...
Et c'est une magnifique introduction aux illustrations et aux textes qui suivent.
Avec des mots et des images simples et poétiques l'auteur explique ce qui se passe dans le ventre des dames, quand aucun bébé ne vient s'y nicher,ou ce qui peut s'y dérouler, lorsqu'il y en a un ...
J'ai trouvé cet album attachant et charmant, parce qu'il réussit la prouesse de nous parler d'oiseau et de fleur, de grains, d'œuf et de bébés qui poussent sans pour autant paraitre niais, fade ou dépassé. C'est en plus la première fois que je vois expliqué à de très jeunes enfants de manière claire mais aussi très jolie, le cycle menstruel, et c'est assez rare pour être courageux.

"A un moment
l'œuf de dame vient
pour rencontrer
un grain de monsieur,
pour devenir avec lui
graine de bébé.
Mais s'il est venu pour rien, il disparait.
Et puis, d'attendre en vain,
les coussins sont fatigués.
Il faut les changer.
Alors ils deviennent sang.
Un sang qui prend doucement le souterrain pour sortir par la fleur de la dame."
Cendrine Genin dit que c'est un "ouvrage audacieux car le sujet est sensible", sur Sitartmag,
Un avis plutôt mitigé sur Ricochet,
Une très jolie présentation de l'éditeur ici.