dimanche 29 juillet 2007

Neige; Orhan Pamuk

J'ai lu ce livre très lentement, lecture laborieuse, entrecoupée d'autres titres. Il émane de ce texte une impression de dépression contagieuse. Ce qui en ressort est une sorte de lenteur lourde et pénible, un désarroi absolu devant tant de difficultés à vivre tout simplement.
La neige recouvre tout et est l'obsession du roman. C'est le motif central et omniprésent du texte, et il tente de figurer l'état d'esprit d'un homme pris entre l'orient et l'occident, essayant de comprendre et de communiquer avec des gens qui habitent un lieu qui devient presque irréel.
Le narrateur, Orhan Pamuk sans doute, retrace le dernier voyage de Ka, poète exilé en Allemagne qui revient au pays pour enquêter sur les élections municipales, et percer le mystère des suicides de jeunes filles qui se rebellent en portant le voile ou en se donnant la mort. A moins que ce ne soit tout simplement pour revoir Ipek dont il est éperdument amoureux et qu'il veut amener en Allemagne .
Ce bout du monde coupé de la civilisation par la neige pendant trois jours devient surréel, et pourtant, nous savons bien que c'est vraisemblablement une réalité de la Turquie qui nous est donnée à voir là, dans sa complexité qui nous semble absurde.
Les idéaux des uns et des autres nous sont exposés avec force, des nationalistes laïques aux islamistes radicaux, en passant par ceux qui doutent, les modérés, qui semblent ne pas pouvoir se faire entendre, et ne jamais être compris.
Ka est confronté à l'isolement, la pauvreté, la violence. Il se laisse porter au gré de ses rencontres, essayant de comprendre ce qui anime cette violence sauvage et de décrire la souffrance engendrée : les suicides des jeunes filles qui se voilent , les violences sanglantes qui fauchent les jeunes gens dans la fleur de l'âge, tout cela dans le silence pesant d'une ville qui semble s'être habituée à tout ce malheur comme à une fatalité inéluctable.
La résignation de la majorité silencieuse est aussi déprimante que l'exaltation de certains activistes de tous bords est irritante.
Tout devient absurde. Nous sommes devant des gens qui tournent le dos à la vie, inexorablement.
Chaque fois que j'abandonnais ma lecture, je ne savais pas si j'allais la reprendre. Pourtant, j'y suis toujours revenue, jusqu'à terminer le livre... Pourquoi ?
Le suspense mené en forme d'énigme jusqu'au bout ? Le mystère entretenu par la forme étrange et compliquée du roman ? L'envoûtement que procure finalement le style lent et obsédant de cette écriture si particulière ? La volonté de percer le mystère de cette forme, motif qui semble structurer le récit sans que je n'ai vraiment réussi à comprendre comment : schéma d'un flocon de neige , dont le centre est" un lieu d'où Dieu est absent", et dont les branches sont les poèmes d'un égaré en quête d'amour et d'identité incertaine et qu'on ne lira jamais ?... Je n'ai pas les clés pour venir à bout de ce livre que l'on peut qualifier de foisonnant.


Le héros s'appelle Ka, le livre Kar et la ville Kars, en français kar se dit neige.




En exergue de son roman, Orhan Pamuk a placé une citation de Stendahl, concernant la Chartreuse de Parme :

"La politique dans une oeuvre littéraire, c'est un coup de pistolet au milieu d'un concert, quelque chose de grossier et auquel pourtant il n'est pas possible de refuser son attention. Nous allons parler de fort vilaines choses"

Orhan Pamuk écrit un livre qui fait résonner cette phrase, il nous englue dans la neige,dans les méandres du doute de Ka et du narrateur, faisant surgir la violence à chaque coin de rue, de foyer, jusque dans le théâtre...Cette violence semble être le piteux résultat d'une quête de sens avortée de protagonistes prisonniers d'un pays, d'une condition, d'une idéologie, qu'elle quelle soit. Ce pessimisme est extrêmement pesant, mais absolument bien rendu.

Pour conclure, que dire ? C'est un livre difficile à conseiller parce qu'il est compliqué, dans la forme et dans le fonds. Son auteur est courageux et est attaqué pour sa liberté de parole par les islamistes et les militaires. Il est au centre d'une violente polémique en Turquie. A l'heure des résultats des élections , et en échos aux débats engendrés par l'entrée ou non de ce pays dans la communauté européenne, c'est sans doute un livre à mettre en avant.

des avis enthousiastes surBiblioblog , Le cours des choses , Biblithéca, Voyage au bout de la lettre, Rats de bibliothèques

mardi 24 juillet 2007

Peau d'Ane, un de mes contes préférés...

En me promenant sur mes blogs préférés, je passe chez antigone , et là je trouve une invitation à faire un test... encore un ! Bon, c'est l 'été, on dit que c'est la saison, et en plus le thème me plaît bien : Quelle héroïne de conte de fées êtes vous ? Comment résister ? Si antigone est Blanche Neige, qui vais-je bien pouvoir être ? Alors, bien sûr, j'ai vite cliqué sur le lien pour le faire : si vous voulez tenter c'est ici ... et je me suis retrouvée "Peau d'Ane". Super ! j'adore ce conte ! Et chaque nouvelle adaptation me ravie.
L'idée d'un slide m'est venue... et oui, encore un... avec mes "Peau d'Ane" préférés :
Peau d'Ane - Ill. de Anne Romby - Milan -
Peau d'âne - Ill. de Eric Battut - Didier jeunesse
Ma Peau d'âne, Auteur : Anne Ikhlef - Illustrations : Alain Gauthier - Editeur : Seuil jeunesse
Peau d'Ane, Ill. Claude Cachin, Editeur : Thierry Magnier
Peau d'Âne, Auteur : Jean-Jacques Fdida - Illustrations : Nathalie Novi -

Après le slide, je ne résiste pas non plus à mettre un extrait du film de Jacques Demi ! une vraie merveille....



lundi 23 juillet 2007

Un petit tour à la citadelle de Blaye

Pause... Un peu de mon week-end


En traversant la Gironde, de Lamarque à Blaye...


dimanche 15 juillet 2007

La Maison du retour; Jean Paul Kauffmann

J'ai été touchée par se livre. C'est l'histoire d'une reconstruction, d'un retour à la vie non pas forcément difficile, mais qui se veut réfléchi, dans tous les cas, qui prend son temps.
Après trois années de captivité au Liban, Jean Paul Kauffmann cherche une maison à la campagne, pour accompagner son retour à la lumière, au monde. Il pense à l'Aquitaine, c'est sûr, au Bordelais, c'est presque certain... et puis finalement, à force de recherches infructueuses, ce sera la Haute Lande, la forêt odorante et paisible de Mauriac, qui lui offrira un futur possible.
J'ai beaucoup aimé la façon dont l'auteur analyse son parcours. Il est sincère , et lucide.
Pour lui, il y a clairement un avant et un après traumatisme. Sa volonté est que cet après soit autre que l'avant. C'est clair, il est hors de question de reprendre la suite de l'avant là où il l'avait laissé. Il doit faire autrement. Et c'est compliqué.
Sa blessure profonde l'a métamorphosé. Il est encore dans le temps de l'entre deux. Plus dans l'avant, sorti d'affaire, changé, mais à reconstruire. Il aime cet espace là, il veut le faire durer, le savourer, avant d'aborder vraiment un après qu'il souhaite encore entrevoir indéfini.
J'ai aimé la description minutieuse de cette recherche diffuse et non méthodique d'un "soi" qui semble encore incertain. Appelant tous ses sens à la rescousse, il est "à la nature", pour être mieux à l'écoute de la sienne.
Il y a de vrais beaux passages qui parlent de ce cheminement. La poésie qui se dégage de ses errements en forme de recherche intérieure est profonde. La maison et sa rénovation y tiennent une bonne place, mais aussi la forêt, les livres, le vin, le cigare, l'architecte et les maçons, et puis, bien sûr, l'airial et ses arbres, les voisins, l'art de vivre landais et le savoir vivre des gens du quartier...
Alors qu'il aborde une période de sa vie difficile, cet " entre deux" qu'il fait durer, Jean Paul Kauffmann, sans le vouloir, nous donne comme des leçons de vie.
Lui même en reconstruction, (Il parle même d'une seconde naissance), il savoure la métaphore de la rénovation de sa maison. Grâce à ses choix qui semblent ne pas en être, à son architecte, et à ses deux maçons, sa maison va entrer dans un nouveau cycle de vie, qu'il espère pouvoir habiter. Il n'en est pas sûr. Ces choses là sont compliquées.
Ce livre nous relate l'alchimie d'une rencontre entre un lieu, une maison, et un homme qui a subit un grave traumatisme, un rescapé qui revient doucement à la vie...
En nous racontant ce retour, il nous fait entrevoir une certaine sagesse qui s'installe doucement, un apaisement , une sérénité trouvée dans l'attention portée aux moments de bonheurs et de plaisirs que la vie peut nous réserver.
Il y a de très beaux passages sur les rapports à la lecture, le cycle des saisons, le jardinage.
En chemin, l'amour des livres semble s'être éclipsé derrière l'amour des arbres.
Ce livre est un hymne à la nature, mais j'ai été particulièrement sensible à la manière dont il parle des arbres.
Le pin y a une bonne place, mais nous y est décrit surtout en référence à la vénération mauriacienne. le Tilleul a la part belle, et j'ai trouvé que les plus beaux passages étaient ceux dédiés aux platanes.
Bernard Pivot en parle , pour la Librairie Mollat
Il y a aussi de jolis billets chez Convolvulus, et chez carnets de volovent .


Les pins et la forêt des Landes

"J'aime de plus en plus cette forêt qui s'étend à perte de vue. J'y retrouve la trace de mes lectures de jeunesse, "Le Mystère Frontenac", "Thérèse Desqueyroux" : la plainte des pins, les métairies du bout du monde, l'odeur de la résine et de l'incendie qui pousse Thérèse à accomplir son acte criminel"...

...Après trois années d'enfermement, j'ai besoin de la démesure de ce paysage, ponctué par des vides au milieu des pinèdes mais jamais borné."
..."Dans le calme du soir, les grands pins noirs renvoient vers la maison une odeur profonde de sous-bois. Une odeur qui souligne un silence duveteux et régalant. Le contraire du vide, du manque. Un silence vivant, balsamique..."
..." Le pin est l'arbre de l'élévation et du dépassement. Une forme de transcendance obtenue non pas par la rectitude mais par la courbure. Sa fausse verticalité maintient en suspension le paysage. Son balancement n'appuie pas sur le surface plane."

Les platanes

"Je suis assis face aux deux platanes monumentaux. Lapouyade m'a assuré qu'ils sont âgés d'au moins cent cinquante ans. Jamais élaguée, dégagée de toute entrave, leur ramure s'est déployée impétueusement vers le ciel. Les branches à la cime ont fini par s'emmêle. Couturé par le temps, le tronc des arbres se desquame par plaques, laissant apparaître l'épiderme jaune. Par endroits, il ondule comme le pli de la peau. Plus que jamais, les deux piliers ressemblent à deux pattes d'éléphants, la base avec les racines dévidées en évantail imitant parfaitement la semelle garnie d'ongles. Dépouillés de leurs feuilles, les deux platanes n'en dégagent pas moins une puissance prodigieuse. Ils se tiennent en sentinelle devant la maison. Mes deux compagnons devinent la période de convalescence que je vis. Avec bienveillance, ils me regardent reprendre des forces. Ils me considèrent comme un être normal, non comme un égrotant qui ne pourra jamais se remettre du mal qui l'a frappé..."
..."Les deux platanes, qui avec leur ramure tourmentée, ont toujours l'air d'élever une protestation vers le ciel semblent apaisés. D'ordinaire, les branches tortueuses sur lesquelles ont commence à apercevoir le tracé encore léger du feuillage se chamaillent entre elles. Une façon retorse de porter haut, de se redresser avec agressivité, qui signale une nature mécontente et contrariée.
On ne se fait pas faute de corriger ces arbres insupportables. Un bon platane en France est un platane amoché. C'est par amputation qu'on vient à bout d'un tempérament jugé agressif. On le rosse, on lui démolit le portrait, on l'estropie, mais notre grand mutilé tient le coup. Inutile de dire que les rescapés se rattrapent. Les miens partent dans tous les sens, mais j'ai l'illusion de croire que je les ai apprivoisés. En tous cas, j'ai trouvé auprès d'eux repos et consolation... "
..."Longues journées de lecture à l'ombre des deux platanes. Je sens leur présence bienveillante, commençant à saisir la musique secrète des feuilles qui viennent de se dégager des bourgeons. Sous la frondaison, je guette les silences, la cadence, les motifs, les gammes de tons. Chaque platane possède son chant propre et son rythme. La brise peut murmurer au sommet de l'un et ignorer l'autre"...
..."Parfois une clarté imprévue anime violemment leur âme végétative. Les branches se soulèvent, le houppier se torsade. On dirait que les deux platanes veulent extérioriser quelque chose. Mais quoi ? Les membres brassent l'air. Il y a une impuissance pathétique dans cette convulsion désespérée. On y est, me dis je, un évènement se prépare. L'un d'eux balbutie; c'est sûr, il veut échanger..."

Les chênes
"Chaque fois que Mauriac quittait sa maison de Saint Symphorien, il prenait soin d'embrasser un chêne du parc, toujours le même. L'auteur de Thérèse Desqueyroux, qui a passé son enfance tout près des "Tilleuls", évoque ce rite dans son oeuvre. "J' appuyai la joue contre le chêne adoré, puis, longuement, mes lèvres", confie-t-il dans un de ces ultimes romans, "Un adolescent d'autrefois". Ce geste m'a toujours bouleversé. Il existe une photo où l'on voit l'écrivain coiffé d'un béret landais, le visage collé contre l'arbre adoré."







Le lilas

"On m'a demandé de choisir un arbre pour le planter symboliquement devant la mairie. Je crois avoir déçu mes concitoyens en optant pour le lilas, trop modeste et trop répandu. Je tenais aussi au sous- entendu persan, trouvant plaisant ce pied de nez à mes "amis", mais je n'en ai parlé à personne. Répandu, mais si rare. Il défleuri au bout de trois semaines. Néanmoins ce temps éphémère exprime l'âme du printemps, sa qualité la plus pure, son moment le plus précieux. A peine les narines ont elles capté son parfum qu'il s'évanouit pour embaumer violemment l'instant d'après."

Les tilleuls

"Comme les voiliers, ils ont parfaitement compris le langage du vent, sa façon de fraîchir, sauter, tourner et mollir....
....Dans "la chair et le sang", Mauriac parle des tilleuls qui" sentent l'ardeur et l'amour."Si le pin peut être chez lui qualifié d'arbre totem, le tilleul est son arbre- passion. Dans le "Noeud de vipère" il est associé au désir, à la lune de miel des héros. Il y a dans le tilleul une quiétude sensuelle qui serait presque repue s'il ne subsistait cette façon délurée de s'agiter."...

..."En fusion avec les abeilles, les fleurs des tilleuls dégagent une telle énergie qu'elles refoulent dans l'atmosphère de puissants effluves pommadés, à la limite de l'écoeurement. C'est une odeur émolliente et insinuante comme un narcotique, provoquant même à la longue un certain degré de stupeur et d'insensibilité, en cela plus proche d'un opiacé que d'une tisane."

Voilà, vous aurez compris que j'ai été particulièrement sensible à la manière dont Jean Paul Kauffmann parle de sa "présence" aux arbres. J'ai sans doute été un peu longue, mais j'avais envie de garder une trace de ces citations, et mon blog me sert à ça aussi... Pour conclure, encore une citation de ce texte, qui exprime une perte, celle de l'appétence pour la lecture, qui semble s'être mutée en passion pour la plantation...
"Ce goût profond pour la lecture qui était aussi une névrose s'est déplacé ailleurs. A présent je plante des arbres avec le fanatisme que je manifestais autrefois pour les livres. Mes proches s'inquiètent de cette nouvelle toquade. Ce déplacement de l'oeuvre écrite vers les végétaux n'est apparemment pas de même nature. A moins que je ne recherche dans les arbres la "présence" perdue. Devant mon airial, j'éprouve le même plaisir qu'autrefois devant ma bibliothèque."
Ajoutons juste que durant cette "retirade" aux tilleuls, le besoin d'écrire s'est fait impérieux chez l'auteur, et qu'il est devenu écrivant et ainsi aussi, sans aucun doute, écrivain.
En cliquant sur les photos, vous vous retrouverez sur les sites et les blogs où je les ai trouvées.

vendredi 13 juillet 2007

ekwerkwe fait du neuf avec fanes de carottes !

Ekwerkwe , une de mes blogueuses préférées, pour son originalité et son inventivité , nous concocte un nouveau projet qui démarrera en Octobre, mais que nous pouvons découvrir tout de suite en cliquant sur l'image.
Comme son blog, ce nouveau blogzine de (science) fiction sera très interactif, avec des possibilités pour tous d'écrire, de dessiner, et de jouer bien sûr.. Bonne balade...

mercredi 11 juillet 2007

Elle s'appelait Sarah; Tatiana de Rosnay

J'ai été amenée à lire ce livre tellement présent dans tant de blogs, grâce à beaucoup de billets qui souvent sont très beaux.
Quoi dire après toutes ces lectures de critiques presque unanimes? Me joindre à elles...
C'est une lecture qui marque et les émotions qu'elle procure, parfois proches du malaise, sont inoubliables.
Sur les conseils de nombre d'entre vous j'ai visité le blog elle s'appelait Sarah;Le Blog de Tatiana;et Le site de Tatiana.
J'ai été touchée par la proximité que cette auteure entretien avec ses lecteurs, j'ai été étonnée de retrouver sur son blog les photos que je connaissais de "florinette" et de "M.etMme Patch". Je suis époustouflée par tant de temps et d'attention dédiés aux lecteurs...
J'ai beaucoup lu vos messages sur ce livre notamment chez: Majanissa; Les jardins d'Hélène; Lily et ses livres; Il faut tourner la page; Les lectures de florinette;Le marque page de Jo Ann V.;Chez Clarabel;et je ne les mentionne pas tous... De toute façon presque tous les commentaires renvoient à d'autres et on peut naviguer comme ça pendant des heures de blog en blog, simplement autour de ce seul titre... C'est un vrai phénomène, mené de main de maître, semble -t-il, par France Loisir, qui l'a sorti en avant première, avant qu'il ne paraisse chez Héloïse d'Ormesson.
Alors, et moi dans tout ça, qu'est ce qui m'a le plus marquée, ou qu'est ce que je voudrais en retenir de cette lecture ?
Je crois que c'est la force de vie incroyable et la ténacité de la petite fille. Je pense que c'est aussi l'opiniâtreté de la journaliste.
J'ai partagé avec un bon nombre de blogueurs les sensations d'impatience, et l'envie de sauter les chapitres "Miss Jarmond" pour suivre plus vite Sarah. Mais je ne l'ai pas fait non plus et j'en suis contente.
La monstrueuse brutalité décrite du côté de l'enfant qui subit un drame que l'on veut croire inhumain est rendue de manière terrible. Comment se remettre de l'horreur, vivre après ça, avec ça ? Le silence, l'oubli, la fuite s'avèrent impossible pour Sarah, perdue à jamais dans le drame de ce jour du 16 juillet 1942.
La ténacité de la journaliste est rafraîchissante dans le milieu où elle évolue et qu'elle décrit avec beaucoup de justesse et assez de recul pour nous le dépeindre avec tendresse aussi.
Savoir, aller jusqu'au bout, être confrontée à l'affreuse réalité, malgré le pire, malgré la peur incertaine d'apprendre, de découvrir, de remuer un passé qu'elle sent trop lourd pour ceux qui l' accompagnent, voilà ce qui semble tenir notre héroïne debout.
Rien ni personne ne l'arrête dans sa quête, ni ceux qui savent et qui se taisent, ni ceux qui ne savent pas et ne veulent surtout pas savoir.
Dans toutes ses rencontres, se trouvent des gens pour lui dire qu'il faut qu'elle fasse attention, que la vérité n'est pas toujours meilleure que le mensonge, même s'il est par omission.
Elle doute, elle perd souvent plus qu'elle ne gagne, mais elle continue.
C'est cette volonté, très forte, que je retiens de ce livre, et je crois que c'est dans ce mouvement là qu'est présent l'espoir porté dans ce roman.
Cette période de notre histoire génère des remous que beaucoup encore ne veulent pas réveiller. Ceux qui savent ou savaient ont déversé les chapes de plomb. Les générations suivantes ont été dociles et respectueuses de ces réticences à parler d'une époque qui fait honte.

"Mon Dieu! Que me fait ce pays!
Puisqu'il me rejette, considérons le froidement,
regardons le perdre son honneur et sa vie."
Irène Némirovsky, suite française, 1942

"Oui, la guerre est finie, enfin finie, mais pour ton père et moi, rien n'est plus pareil. Et plus rien ne sera jamais pareil. La paix a un goût amer. Et le futur est inquiétant. Les évènements qui ont eu lieu ont changé la face du monde. Celle de la France aussi. Notre pays n'est pas encore remis de ces sombres années. Cela arrivera-t-il un jour ? Ce n'est plus la France que j'ai connue lorsque j'étais enfant. C'est une autre France que je ne reconnais pas. Je suis vieille désormais et je sais que les jours me sont comptés. Mais Sarah, Gaspard et Nicolas sont encore jeunes. Ils vont vivre dans cette nouvelle France. J'ai de la peine pour eux car j'ai peur de ce qu'il adviendra."P.248,Elle s'appelait Sarah.

Voilà, je n'avais rien lu de l'auteure avant. Je pense que quand je trouverai la "mémoire des murs" à la bibliothèque, je le lirai...

Prix Chronos 2008

Tatiana de Rosnay sur Auteurs TV :

lundi 9 juillet 2007

500 ans de portraits de femmes...

Musique: Bach's Sarabande from Suite for Solo Cello No. 1 in G Major, BWV 1007 performed by Yoyo Ma

liste complète des artistes et des peintures sur : http://www.maysstuff.com/womenid.htm
(less)

Cette petite vidéo est parfaitement surprenante,
nous voilà devant des dizaines de portraits de femmes pendant les quelques minutes que dure cette sarabande de Bach.
Un vrai petit moment de bonheur que je vous recommande.
On dirait que c'est toujours la même femme que les peintres tentent de peindre, vous ne trouvez pas ?
J'ai découvert ce bijou sur le site de Brian Fies.
Laissez vous regarder pendant 2 minutes et 52 secondes :


Le cancer de maman; Brian fies

Ce livre est une belle aventure qui est d'abord arrivée par une mauvaise nouvelle.
Un journaliste scientifique, Brian Fies, apprend le cancer de sa mère ( du au tabagisme ).
Il fait comme le reste de sa famille, il se rend disponible pour la malade et essai de l'aider du mieux qu'il peut pour traverser les multiples épreuves qu'elle doit affronter durant les traitements.
Durant toute cette période, pour trouver l'énergie de tenir, il écrit ce qu'il vit et ce qu'il voit sous forme de journal dans son blog.
Ce journal trouve ses lecteurs : des malades, des médecins, des familles confrontées à cette maladie.
Tous sont unanimes : ce témoignage est bouleversant, peut-être même drôle parfois, et dans tous les cas, il est toujours juste.
Il aide les personnes qui sont confrontées aux mêmes difficultés.
Plus tard, ce webcomics sera publié sous format à l'italienne et rencontrera encore un succès important dans sa carrière de livre, en étant primé maintes fois.
Cette BD est touchante. On rentre très vite dans le quotidien de cette famille en bute avec la maladie, les soins intensifs, le milieu médical. On attend avec espoir l'issue de ces épreuves douloureuses.
A la fin du livre, la mère est guérie de son cancer, elle part vivre à Hollywood. Deux ans plus tard, elle mourra des effets secondaires des traitements qu'elle a du subir.
Deux beaux textes sont en postface, l'un de "maman", six mois avant de mourir, et l'autre de Brian, écrit après la mort de sa mère.
On parle aussi de ce livre sur : Culturofil;
Le site de la BD
Le site de l'auteur

dimanche 8 juillet 2007

Mal de pierre, Milena Agus

J'ai beaucoup aimé ce livre, et j'y suis venue au fil des critiques de presse et de blogs qui ne cessent de l'encenser.
Ils ont raison.
C'est un texte court, ramassé sur lui même, condensé . Il semble toujours très juste .
C'est une belle traduction sensible des confidences qu'une grand mère à faites à sa petite fille.
La narratrice du roman est la petite fille de cette grand-mère un peu bizarre.
Elle nous offre une jolie surprise à la fin et fait ainsi éclater ces quelques pages en mille et une possibilités, mille et un contes dont le sujet serait : s'approcher de l'essentiel d'une vie. C'est un exercice périlleux !
Ce petit roman donne envie de lire lentement. Mais, même en prenant tout son temps, on sent qu'il faudra qu'on y revienne pour arriver à tout démêler de cette belle mise en lumière d'un personnage un peu fou, mal aimé , solitaire, et qui vit grâce à l'écriture et à son imaginaire.
On sent combien, malgré le fait qu'elle soit détestée, rejetée, ou tout simplement mal aimée, elle marquera de son fantasque désir de vivre , son fils, puis sa petite fille.
Cette"Bovary de Sardaigne",dont tout un chacun pense plus ou moins qu'elle est un peu, beaucoup, passionnément folle... est toujours à côté de la plaque, décalée... mais elle devient terriblement attachante et interessante au fur et à mesure que le récit avance.
La petite fille qui nous la fait découvrir, a vécu avec elle, l'a écouté se raconter, entre son "mal de pierre"et ses amours impossibles, ou miraculeux...
Et pourtant , que sait elle vraiment d'elle , qu'a-t-elle compris ? Qu'est ce qu'on a bien voulu lui transmettre ?
Ce roman nous offre une vraie belle plongée dans les méandres d'une saga familiale tout à fait originale et brillamment menée, révélée ?
J'ai trouvé la fin poignante !
La narratrice se trouve obligée de réorienter la construction de son roman familial. L'imaginaire de sa grand-mère prend tout à coup une force incroyable, il semble plus fort que la réalité. C'est lui qui a laissé sa marque ou sa trace, plutôt que les faits réels... On a le vertige... "Quand la littérature devient plus vraie que la vie..."

J'apprends sur le blog de fauvette que Nicole Garcia a acquis les droits d'adaptation cinématographique pour ce petit bijou qui promet d'être un très grand film.

On en parle aussi sur : Le blog des livres; Journal d'une lectrice;Sylire;Fauvette; Cuneipage; Clarabel;Les routes de l'imaginaire;
bon, je ne vais pas pouvoir citer tous les blogs qui parlent de ce livre ils sont bien trop nombreux...Je cite quand même Acide critique, qui a fait un très beau billet.

mardi 3 juillet 2007

Signatures, Amnesty International

Juste un signe...
L'action me touche, le film est superbe! visionnez le !

lundi 2 juillet 2007

Lettre à D., Histoire d'un amour; André Gorz

C'est un livre attachant, et même bouleversant.
Un amour qui dure depuis 58 ans presque sans y penser, presque sans en parler.
André Gorz intellectuel reconnu, philosophe du travail, se penche sur sa relation amoureuse avec D., Dorine, sa femme. Il choisit la lettre et le "tu" pour essayer de lui dire combien et comment il l'aime et l'a aimée.
Il revient sur le passé, les écrits (forts minces) où il a parlé d'elle en la trahissant. Ce livre est plus qu'un hommage, il est poignant dans sa quête de vérité et de recherche du plus juste pour dire son attachement.
A 80 ans, il veut parler de l'essentiel de sa vie : la relation miraculeuse qu'il a connue avec sa femme, et il se sent coupable de ne pas l'avoir fait plus tôt.
Il y a des passages inoubliables dans ce livre qui est un grand texte sur l'amour. Sa lecture en est ravigotante, vivifiante. On en est reconnaissant.
"Je porte de nouveau au creux de ma poitrine un vide dévorant que seule comble la chaleur de ton corps contre le mien."

"J'ai compris avec toi que le plaisir n'est pas quelque chose qu'on prend ou qu'on donne. Il est manière de se donner et d'appeler le don de soi de l'autre. Nous nous sommes donnés l'un à l'autre entièrement."

"Avec toi, j'étais "ailleurs", en un lieu étranger, étranger à moi-même;"

"Mais rien de tout cela ne peut rendre compte du lien invisible par lequel nous nous sommes sentis unis dès le début. (...) L'expérience de l'insécurité.(...) Pour toi comme pour moi elle signifiait que nous n'avions pas dans le monde une place assurée. Nous n'aurons que celle que nous nous ferions."

D. :"Si tu t'unis avec quelqu'un pour la vie, vous mettez vos vies en commun et omettez de faire ce qui divise ou contrarie votre union. La construction de votre couple est votre projet commun, vous n'aurez jamais fini de le confirmer, de l'adapter, de le réorienter en fonction de situations changeantes. Nous serons ce que nous ferons ensemble."

"La passion amoureuse est une manière d'entrer en résonance avec l'autre, corps et âme, et avec lui ou elle seuls. Nous sommes en deçà et au-delà de la philosophie."

"Tu n'avais pas eu besoin des sciences cognitives pour savoir que sans intuitions ni affects il n'y a ni intelligence ni sens."

"Tu as tout donné de toi pour m'aider à devenir moi-même.""A toi dite Kay qui, en me donnant Toi, m'as donné Je"

Lire un très bel article sur ce livre dans : Multitudes Web
On en parle aussi sur : Le Blog des livres; Les fanas de livres;

dimanche 1 juillet 2007

Sirènes...

Et voilà, jai trouvé ce jeu en allant chez Anjelica, qui est sirène, elle aussi, et chez Chiffonnette, qui se retrouve griffon.
voici un peu de musique à écouter en pensant aux sirènes, aux vraies, nous dit le compositeur... Josselin Roux.




Which mythical creature resides in your soul? (11 Results + Pictures)




SIREN

You are a siren. A siren is an enchanting seductress that usually inhabits a remote isle in the sea. The siren's voice is beautiful and alluring. The siren's voice is irresitible to all those who hear it. Upon hearing her fatal melody the listener will either plunge to their deaths in the icy ocean waters or they will perhaps finally reach the siren. Once the siren has hold of them they have no chance. The siren represents sensuality and passion.
Take this quiz!